Former coûte cher. Ne pas former aussi.

Publié le 29 septembre 2026 à 19:22

Le coût que l’on ne voit pas

Depuis 2026, mobiliser son compte personnel de formation est devenu plus contraint pour certains projets. Les droits utilisables sont plafonnés à 1 500 € pour les formations menant à une certification du Répertoire spécifique, sauf CléA, et à 1 600 € pour un bilan de compétences. Depuis le 2 avril, une participation forfaitaire de 150 € s’applique à de nombreux achats de formation, avec des exceptions, notamment pour les demandeurs d’emploi et les formations abondées par l’employeur.

Ces règles répondent à une préoccupation budgétaire que l’on peut comprendre. Mais elles posent une autre question : que se passe-t-il quand le financement devient le premier critère de choix d’une formation ?

Sur le terrain, un besoin de formation n’arrive pas sous la forme d’une ligne comptable. Il apparaît lorsqu’un salarié ne sait pas comment réagir face à une situation à risque, lorsqu’un manager prend ses fonctions sans avoir appris à conduire un entretien difficile, ou lorsqu’un formateur connaît son métier mais peine à le transmettre.

Reporter la formation ne supprime pas le besoin. Le travail continue. Les personnes s’adaptent, improvisent, demandent de l’aide à leurs collègues ou reproduisent ce qu’elles ont vu faire. Parfois cela fonctionne. Parfois, le coût réapparaît ailleurs : erreurs, tensions, perte de temps ou exposition à un risque.

Cela ne signifie pas qu’il faut financer n’importe quelle formation à n’importe quel prix. Une salle remplie et des attestations délivrées ne prouvent pas qu’une pratique a changé. La question utile est plus exigeante : qu’est-ce que les personnes devront savoir faire, dans leurs conditions réelles de travail, une fois la formation terminée ?

La réponse oblige à regarder l’activité avant de construire le programme. Quels gestes posent problème ? Quelles décisions sont difficiles à prendre ? De quels moyens les équipes disposent-elles réellement ? Que faudra-t-il observer quelques semaines plus tard pour savoir si l’apprentissage tient encore ?

C’est aussi une manière de mieux employer l’argent consacré à la formation. Une action bien ciblée peut être courte. Une autre demandera du temps, des essais, des corrections et un accompagnement dans la durée. Leur pertinence se juge à ce qu’elles permettent de faire ensuite.

Le CPF reste un droit précieux, et ses règles méritent d’être expliquées sans caricature. Mais le débat sur ses plafonds ne devrait pas faire oublier l’essentiel : développer les compétences engage les personnes, les employeurs et ceux qui conçoivent les formations.

Chez FCA, je pars du travail réel pour former les équipes, accompagner ceux qui forment et aider les collectifs à mieux fonctionner. Parce que le vrai résultat d’une formation se voit après la formation.

Patrick ANGOT — Formateur d’adultes et ingénieur pédagogique

Sources : Mon Compte Formation, « De nouvelles règles pour mobiliser votre CPF » ; Service-Public.fr, « CPF : la participation forfaitaire obligatoire augmente » (mise à jour du 2 avril 2026).

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.